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On a connu Aliose en 2013, alors finaliste du 3ème Prix Georges Moustaki grâce à son second album « Le vent a tourné ». Sorti sur un circuit indépendant, le disque n’avait pas tardé à rencontrer un joli succès en Suisse dont Alizé et Xavier sont originaires. Avec ce deuxième opus, la vitesse supérieure est enclenchée puisque c’est porté par un contrat signé sur la major française Warner, que le duo nous revient. Un premier extrait au printemps dernier annonçait l’EP numérique (réalisé par Pierre Jaconelli) du même nom : l’aérien « Pixels ». Il faudra attendre encore quelques mois pour découvrir la galette dans son intégralité. Depuis, c’est sur les ondes de RTL puis de RTL2, qu’Aliose est entré en playlist avec le décalé « Loin », second extrait qui résume avec force sur un mid-tempo plutôt enjoué les difficultés d’un couple qui ne pourra jamais avoir d’enfant. Jusqu’à la rupture. Un single par ailleurs récemment remixé par We Are I.V (déjà à l’origine de remixes pour Vianney, Frero Delavega, Brigitte ou Pony Pony Run Run).

ep_censoredLes cinq titres sont d’une extrême beauté. Il en émane une sensibilité à fleur de peau, autant dans l’interprétation que dans les thèmes choisis. « Du sud au nord » ouvre l’EP sur la condition des gens qui travaillent de leurs mains, sur les marchés, dans les mines, on est tous un peu des chercheurs d’or… (certes, déjà traité par Bernard Lavilliers « Les mains dor »). Une chanson qui résonne aussi comme un écho à la condition des migrants fuyant la mort.

« Sans ta peau » ou quand deux êtres aimés sont séparés par la distance. Il faut dire qu’Alizé et Xavier, en couple à la scène comme à la ville, partagent leur vie depuis une dizaine d’années. Le texte de « P.S », lui, se déroule comme une lettre, un méaculpa écrit de la plume d’un homme plongé dans le désarroi et qui purge sa peine derrière les barreaux en attendant sa mise à mort. C’est meurtri par les remords qu’il s’adresse avec une infinie tendresse à sa femme, et à sa fille. Une vague claque d’❤.

La force d’Aliose résulte assurément de ses mélodies, de sa poésie, magnifiquement portées par la voix cristalline d’Alizé (rappelant à certains moments celle d’une Elsa Lunghini) et la plus rocailleuse, mais tellement identifiable, de Xavier et surtout de sa sincérité. De beaux accords, dont on n’a pas fini d’entendre résonner l’âme.

Thierry Cadet

📷 : thejudge.ch

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