elephant-press-005 François Villevielle Lisa Wizsina

Eléphant album Touché coulé 2016Trois ans après un premier album haut en couleurs, le duo Éléphant, que Lisa Wiszina partage avec François Villevieille, est de retour avec son successeur « Touché coulé ». Un disque aux sonorités électro/pop, déjà porté par trois extraits « Deux mille quatorze », « L’amour la haine » et « Touché coulé » (que nos deux protagonistes ont récemment dévoilé dans le métro parisien), un bel univers, toujours enfantin dans la forme, sautillant et insouciant peut-être, mais certainement pas dans le fond. « Touché coulé » a été enregistré pendant et après la rupture entre Lisa et François, à la ville. Avec Lisa on était des amoureux, on est resté huit ans ensemble donc on se connaît mieux que personne. On s’est séparé pendant la construction du deuxième album, mais même si on a souffert, on a tellement vécu de choses ensemble avec Éléphant, tellement de moments inoubliables qu’on ne voulait pas enterrer tout ça parce qu’on se séparait. Et on a bien fait car on adore ce deuxième album. Ça prouve que même dans le malheur de belles choses peuvent ressortir. De la loose nait parfois quelque chose de lumineux confie François au site cocy.fr.

La tristesse est inspirante et surtout la rupture. On a besoin de morceaux de vie pour composer, qu’ils soient heureux ou tristes. En couple il faut penser à l’autre mais également savoir placer son ego, se faire plaisir tout en faisant plaisir. La rupture te permet de ne pas concevoir la vie qu’à deux. Cela se voit d’ailleurs dans notre second album. On a chacun notre place, on se répond, on prend tous les deux la parole sans pour autant chanter constamment à l’unisson, comme on le faisait sur le premier album. On est un duo mais tout ne se fait pas à deux renchérit Lisa.

En bonus, trois reprises : la bobo « Décalée » de Booba, la bien sentie « Tous les mêmes » de Stromae, et « Des espaces et des sentiments » que François Villevieille avait écrite et composée pour Vanessa Paradis.

Éléphant se produira notamment le 24 mai, aux Etoiles de Paris, le 23 juin à l’Amphithéâtre du Fort Carré d’Antibes et sur le festival parisien Hamac, le 2 juillet prochain. Seulement ? On adore les festivals, mais les festivals n’ont pas la conscience qu’on peut foutre le bordel grave chez eux ! On n’est malheureusement pas très invités là-bas déclare Lisa au micro de Hotmixradio. Y’a aussi un truc de prime à la nouveauté qu’on n’a plus parce que c’est notre deuxième album, c’est pas le premier, on n’est plus une découverte. Il faut tout le temps convaincre et réussir à donner envie. Faut exister, c’est pas évident. On ressent toujours, parfois, une difficulté à chanter en français, c’est comme si c’était pas normal, alors qu’on est en France et qu’on parle français. On nous pose toujours la question de pourquoi on chante en français ? Moi c’est une question qui me paraît aberrante (rires) ! Ce qui n’est pas du tout le cas au Québec, là-bas ils sont fiers de chanter en français ! poursuit-elle.

Je dirai pas qu’y a un gros soucis avec la langue française dans les festivals, mais en tout cas dans les line-up des festivals, y’a pas beaucoup de groupes qui chantent en français. Après nous, on se pose pas la question, c’est les autres qui nous posent la question. Au début à Paris, quand on a essayé de faire des concerts, on s’est pris des vestes de la part de certaines salles qui nous disaient : « bah non, vous chantez en français les gars, on peut pas vous programmer, c’est pas notre style ». Et encore maintenant, on l’entend parfois. En fait, la frontière est mince entre ce qui est un peu branché, ou très variété. Et nous, on est entre les deux conclut François.

Thierry Cadet

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