A 22 ans, Olga Souza quitte le Brésil pour l’Italie en 1990, désireuse de se lancer dans la musique. Elle rencontre très vite le DJ et compositeur italien Francesco Bontempi, déjà connu pour quelques productions sous le pseudonyme de Lee Marrow. Ensemble, ils créent Corona, et lancent en 1993 son premier single : « The Rhythm Of The Night ». Mais d’abord boudé par l’ensemble des radios, ce dernier ne rencontre le succès qu’un an plus tard, grâce au soutien des discothèques. Pour elles, près de dix maxi remixés sortent successivement. Au printemps 1994, Ace Of Base est en tête des meilleures ventes de singles en France avec « Happy Nation », suivi par M People (« Moving On Up »), Culture Beat (« Anything »), Ace Of Base encore (« The Sign ») ou East 17 (« It’s Alright »), pour refermer le Top 10. Corona fait alors une entrée remarquée sur la 27ème marche du classement avec… « The Rhythm Of The Night ».

Quinze semaines plus tard, soit le 18 juin 1994 (comme un appel), le single pointe 3ème dans l’Hexagone, ses voisins du Top 50 s’appellent Reel 2 Real, Doop, Dr Alban, Haddaway ou 2 Unlimited, communément relégués au rang d’Eurodance convulsive, cette vague qui déferle sur les ondes au milieu des années 90. Accompagné d’un clip haut en couleur dont les tresses de la chanteuse finissent par tenir le premier rôle, « The Rhythm Of The Night » se classe aussi 4ème en Suisse, 5ème au Pays-Bas, 6ème en Autriche, 7ème en Nouvelle-Zélande, 8ème en Allemagne et en Australie… La légende dit que le single a été n°1 en Italie, puis sur la carte US Billboard au début de l’année 1995.

Mais saviez-vous que ce tube pompier et saccadé, pompe impunément les paroles et la mélodie du 45 tours du duo néerlandais Say When!, « Save Me » (1987), et repose dans une moindre mesure sur un sample de « Playing With Knives » (1991) du groupe britannique Bizarre Inc ? Devenu un classique du genre, ces rythmes de la nuit hantent depuis vingt-cinq ans les faux plafonds des clubs de zone industrielle. Et que contrairement aux autres groupes Eurodance de la décennie, très souvent en playback, la flamboyante Corona (qui enchaîne avec le follow-up « Baby Baby ») chante en direct, à la télévision et en galas ? En 2012, soit sept ans après son tube « Everytime We Touch », la chanteuse allemande Natalie Horler du groupe Cascada, reprend « The Rhythm Of The Night » et se classe 9ème en Autriche, 22ème en Suisse et 26ème outre-Rhin.

Alors qu’à l’époque (et jusqu’à il y a peu), Corona évoquait aussi le nom d’une bière mexicaine, elle est à présent assimilée au virus Covid-19, cette maladie infectieuse causée par une souche de coronavirus appelée SARS-CoV-2, qui a déjà fait près de 45 000 victimes à travers le monde, au 1er avril 2020. Ce jour-là, Les Chanteuses Échevelées rapportent sur leur page Facebook : « Dans un communiqué de presse officiel, la chanteuse Olga Souza du groupe Corona, annonce l’enregistrement via les moyens techniques actuels d’enregistrement à distance en raison du confinement, d’une version symphonique de son hit avec de nombreux guests au profit de la lutte contre le Coronavirus. « C’est un devoir » dit-elle. « Mon groupe n’a pas porté ce nom par hasard. Pour moi il s’agit presque de résilience, je dois mener ce projet à terme rapidement, c’est ma petite contribution au bien de l’humanité après tout le bonheur connu au sein de mon groupe au triste nom à la fin du siècle dernier ». Madonna, Lady Gaga, Ed Sheeran et Britney Spears auraient paraît-il déjà enregistré et envoyé au studio leurs parties solo respectives ».

Un joli poisson d’avril 🐟

Thierry Cadet

coronadance.it

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