Samedi 22 septembre dernier (au lendemain de la Journée Mondiale de lutte contre la maladie), sur la scène du Théâtre de La Forgerie de Wassy, et ce pour la quatrième année consécutive, Les Marguerites contre Alzheimer ont donné leur concert annuel afin de dégager des bénéfices pour l’association La Belle Epoque, et les résidents de l’hôpital Saint-Charles. Ainsi, afin de faire suite aux déjà nombreux artistes ayant foulé les planches de cette jolie salle de Haute-Marne, ce sont Chloé Clerc (artiste initiale du collectif depuis 2007), Mateo et Ycare qui ont accepté de venir en aide aux personnes atteintes de cette maladie neuro-dégénératrice, qui touche actuellement 850 000 personnes en France (un nouveau cas serait recensé toutes les deux minutes, près de 230 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et, si rien ne change, notre pays comptera 1 275 000 personnes malades d’ici seulement huit ans).

Si le concert a débuté avec la diffusion du clip des Marguerites « J’y étais pas » (son successeur « Parce que la nuit » serait par ailleurs en préparation), dans lequel on a croisé tour à tour mAm’Zelle Bip & FrAnck Perrolle, Gäelle Vignaux, Mickaël Miro, Allan Théo ou Cédric Barré et Thierry Cadet (co-fondateurs du collectif), c’est Mateo qui le premier est monté sur scène et a très rapidement détendu l’atmosphère de son timbre de velours. Car ce soir-là, pas question de se lamenter sur son sort, l’ambiance est positive, et les sourires dans la salle en disaient long sur ce moment de grâce attendu chaque année dans ce petit village de la région Champagne-Ardenne. Mateo, c’est une voix. Un timbre, une forte identité vocale, mais c’est aussi, et surtout, une émotion. Le jeune artiste vous tire les larmes sur des textes d’une extrême sensibilité. De nombreuses nouvelles chansons seront au programme, mais aussi celles que nous avions notamment découvertes en première partie de Marie Paule Belle à l’Alhambra de Paris : « J’me barre », l’évident (et bouleversant) single « J’ai huit ans », « Nos plus belles années » ou la magnifique ballade « C’est où chez moi » (même si ce soir là, nous avions tous la réponse : chez lui c’était bien sur la scène de La Forgerie de Wassy). Tout ça sans oublier une facétieuse reprise du tube d’Axelle Red « Sensualité ». Né il y a 25 ans, de mère espagnole et de père passionné de Nougaro ou Ferré, il y a fort à parier que nous entendrons très prochainement parler de Mateo, le chanteur ayant déjà signé en édition avec Marc Lumbroso, l’éditeur-découvreur de Jean-Jacques Goldman, Vanessa Paradis ou Raphaël.

Après une première interview réalisée – pour rompre la monopoly,par Esther Sarlet (Présidente de l’association La Belle Epoque) et Thierry Cadet, les deux présentateurs de la soirée, c’est au tour de Chloé Clerc, la jolie petite Marguerite nordique (originaire d’Armentières), d’entrer en scène. Et c’est accompagnée de son guitariste Aldo que la chanteuse a dévoilé son univers de filles. Sa bulle à elle, tellement universelle que nul doute, bon nombre s’y sont reconnus dans la salle. La malicieuse Chloé relate en effet ses doutes, sa fragilité, ses joies, jouant à cache-cache avec elle même, surtout. C’est avec sincérité qu’elle n’omet pas de se regarder dans le miroir ou de nous en projeter le reflet, ne jouant jamais à tort avec son art, devenu plus mûr que par le passé. Un espiègle univers fait de sucreries, de chiens, de papillons. Un carré d’air pur dans l’air du temps, ponctué d’une reprise bien sentie de Charles Trénet « Boum ! ». La salle est sous le charme.

Après une entracte permettant au public de se restaurer, et d’apporter ainsi des bénéfices à l’association (les bénéfices du buffet étaient reversés à La Belle Epoque), c’est au tour d’Ycare d’entrer dans la lumière, toute sauf noire (du nom de son dernier album), tellement le charismatique artiste rayonne de sa forte présence. Et c’est dans une version acoustique, jouée à quatre mains avec Laurent Lamarca (qui dévoilera prochainement son premier album), que « Les imbéciles heureux » ouvre le bal. Puis, sa guitare en bandoulière, le chanteur poursuit notamment avec son premier single « Alison », ses hits « Lap Dance » ou « Une vie » (durant lequel l’émotion est à son paroxysme), mais aussi des inédits, de ceux qui composeront sa prochaine et troisième galette, « Fugue », « Adolescence », « Pourvu que tu viennes », aux multiples jeux de mots sur différentes villes du monde, ou « Sors » (un futur tube). Un troisième essai qui promet donc, pour une parution prévue en 2013, toujours chez Jive/Sony. Bref (comme dirait l’autre), il y avait du Brel chez Ycare ce soir-là. Un fou chantant qui mérite enfin d’être reconnu à sa juste valeur, tant la sincérité et l’humanisme l’emportent, sur l’excès d’énergie et d’enthousiasme qui pourrait paraitre excessif à certains.

Un concert très intense, très fort, percussif (!), dû à l’implication des organisateurs, des artistes et des bénévoles de l’association La Belle Epoque. Le public, lui, semblait avoir des ailes, sortant de la salle la fleur marguerite aux dents. C’était très agréable, très joyeux …/… comme d’habitude c’est toujours une réussite, chaque année on est surpris de la qualité des artistes qui viennent à Wassy, c’est un honneur quelque part de les recevoir …/... bonne ambiance, très animé de la part du public, des animateurs, des chanteurs, tous dans leurs rôles, je reviendrai l’année prochaine. Le rendez-vous est pris.

Peter Arnold

facebook.com/les-marguerites-contre-alzheimer