L’exhibitionniste EmVie (sur les réseaux sociaux, notamment) dévoile un premier album indépendant, financé par 86 contributeurs sur le site participatif MyMajorCompany, et porté par un parrain de choix, Laurent Petitguillaume. En 2013, c’est Laurent Petitguillaume qui vient me féliciter pour mon travail, va en suivre une grande amitié et de la musique… Laurent écrira la chanson « L’époque est moche » composée par Falback déclare le chanteur sur son site officiel. Débarqué à Paris en 2005, ce danseur de profession monte petit à petit son home-studio, publie trois singles, réalise deux clips, remporte deux prix (Paris Jeune Talent, puis Paris Jeune Talent Solidarité) et écume les scènes parisiennes, du Sentier des Halles à Bobino (en première partie d’Ysa Ferrer, notamment). En chemin, EmVie croise même la route de Desireless, et enregistre avec elle un duo, « Sois zen ». Ça c’est pour le passé. Car l’avenir du jeune homme de 27 ans se conjugue avec un premier album « Lights Sounds (Made In Home) ». J’ai fais la belle rencontre de Clément Sayag qui va m’accompagner à la guitare et à la basse pendant tout le processus de création, puis Laurent Hunziker au saxophone nous rejoindra.

Un projet funky, disco même (le visuel ne nous contredira pas) de onze titres sensuels, dont EmVie signe paroles et musiques, à l’exception de trois (« J’veux faire un tour avec toi », « Je te ferai l’amour » et « Lights Sounds (Made In Home) ») co-écrits avec la complicité de Laurent Petitguillaume. Des textes délicieusement sexy, comme en atteste « L’hymne aux sens » (comme se laisser guider par toutes ces sensations …/… dans tous les sens je suis, à l’envers, aguerri …/… aimer nu sur la page …/… EmVie oh dit moi oui, aimer dans la folie, folie qui nous mène au lit, aimer comme j’ai envie, d’aimer dans l’interdit), (bi)sexuels (j’ai trop consommé car c’est trop facile …/… je voudrais passer mon temps sous ta pluie d’été, décoiffé, à enjoliver, tous les hommes et les femmes, et leurs armes… Que j’ai aimé…) sur « Le sol pleureur », ou égocentriques (« Le miroir »). Le tout traité de manière ludique et positive (« Fabriquons les rêves »), de quoi égayer pleinement la morosité des langueurs de l’automne.

Musicalement, ça groove, bémol au niveau du mixe avec une voix parfois sous-mixée rendant difficile la compréhension de certains textes. Plus basé sur du son et des gimmicks que sur de véritables refrains, on est plus proche d’Helmut Frizt que de la chanson ou du jazz, même si EmVie ne pourra pas cacher plus longtemps d’en revendiquer quelques influences. Aussi étrange que cela puisse paraître, on décèle en effet comme des harmonies de voix et des accords très Voulziesque, notamment sur « Au 9ème », des ambiances jazzy, comme sur « Je te ferai l’amour » ; avec pour finir, cerise sur le gâteau, un clin d’œil aux cris mythiques de Michael Jackson sur « Lights Sounds (Made In Home) », qui referme le disque. Un projet libre, ovniesque.

Thierry Cadet

emvie.fr

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