Eric Guilleton débute sa carrière en 1983 dans les petites salles de Paris et du Dauphiné. Puis, peu à peu, l’artiste (découvert par Pierre Barouh) se distingue également aux « Habits du dimanche » de Léon Zitronne (comme Patrick Fiori), au tremplin du Printemps de Bourges, au Midem… Il participe à la création d’un spectacle et d’un disque « Chansons rock/franco-allemand », décrochant ses premières télévisions en Allemagne (et se produisant devant François Mitterrand et Helmut Kohl à Berlin). Après différentes tournées outre-Rhin, mais aussi en Inde et en Asie, Eric Guilleton dévoile son premier album « Le vent des fous ». Ainsi, fort de nombreuses scènes, de disques pour enfants, de recueils de poésie, ou d’ateliers d’écriture, le chanteur est de retour vingt ans après la parution de son premier opus, avec le cinquième volet de sa discographie : « Une ville, un soir », produit par Mystikal Production. Ça, c’est pour installer ce personnage à la trop grande sensibilité, qui poursuit son métier sur le chemin de l’indépendance, en dépit d’une absence médiatique.

« Une ville, un soir » s’inscrit pleinement dans la lignée de ces prédécesseurs. Un univers que l’artiste a choisi guitare/voix, 100 % acoustique (avec parfois du piano, parfois du ukulélé). Ici, pas de concession, pas de machine, tout fonctionne à l’émotion. Tel un chansonnier, comme l’était Georges Brassens, ou l’est encore Maxime Le Forestier, c’est au fil de treize chansons que l’homme se dévoile. L’homme, bien plus que le chanteur. Car si ce dernier évoque, certes, son parcours d’artiste en tournée et ses rencontres avec le public (je viens vous voir à voix/guitare), il prend surtout le temps de jeter son regard de quinqua amoureux sur le monde qui l’entoure « La beauté des humbles », « La maison du passeur », sur les femmes « Les mensonges à l’amante », « Et… » ; et surtout de se mettre à nu face à son enfance, d’une jolie manière, sincère et mélancolique, évoquant les feuilletons de l’ORTF dans « Joyeux Noël » – qu’il ré-enregistre ici pour l’occasion,  ou ses amis d’antan avec « Dans la poche » – ses « Copains d’abord », son « Ivan, Boris et moi » à lui. Un disque touchant, au visuel sobre de Camille Guilleton, évoquant la solitude de l’artiste tellement propre aux fins de concert, et pour lequel on émettra un seul bémol, celui d’avoir privilégié les textes au détriment des mélodies, hormis celle du titre « Une ville, un soir », pas toutes suffisamment assez fortes pour s’inscrire durablement en mémoire. Mais finalement, n’est-ce pas là l’apanage des poètes ?

Eric Guilleton se produira le 14 août prochain sur la scène du festival DécOUVRIR de Concèze.

Thierry Cadet

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