Nous étions à Granby, pour le 44ème Festival International de la Chanson. Une pépinière de talents, de ce qui se fait de mieux outre-Atlantique, mais uniquement en langue française. Une partie de nos cousins québécois s’efforçant en effet de soigner cette facette de leur culture, une partie seulement. Au Québec, la société est individualiste, comme partout ailleurs, et la survie de la langue n’est plus un soucis pour eux. C’est pour ça qu’à Granby, il n’y a que de la chanson francophone, pour que les francophones réalisent qu’il y a des trucs en français dans tous les styles …/… Il y a encore des gens qui se battent ici pour que la chanson francophone et la langue française continuent, se renouvellent. On est quand même un petit peuple de 5 millions de francophones entouré de 350 millions d’américains anglophones ! Granby, c’est pour faire rayonner notre culture francophone déclare Pierre Fortier, dirigeant du festival depuis 2007, à nos confrères du magazine « Platine ». Merci Monsieur. Horscene vous propose de découvrir ses coups de cœur parmi les artistes québecois.

Sébastien Lacombe

Au delà de la magie de Lisa Portelli, Melissmell ou HK & Les Saltimbanks, artistes français invités à se produire à Granby cette année, un jeune homme a retenu toute notre attention. Notre coup de cœur absolu du festival ira vers Sébastien Lacombe. Cet artiste montréalais a dévoilé un délicieux univers, beau et touchant, aux fins arrangements. Des textes profonds, défendus avec sincérité d’un joli timbre de voix, fort personnel. Parmi les perles de son nouvel et troisième album « Ter-ritoires », dont le chanteur a présenté bon nombre de pièces (c’est comme ça qu’on dit au Québec), on retiendra particulièrement « Celui qui vient de loin », « Mr Taximan » ou « P’tit gars » (fort d’un séjour à Dakar au Sénégal). Un ensemble de toute beauté.

 

Les Sœurs Boulay

Rien à voir avec Isabelle. Les Sœurs Boulay (Stéphanie et Mélanie) s’unissent à deux voix au sein d’un univers folk faussement naïf (« Des shooters de fort sur ton bras »), composé sur scène d’une batterie, d’une guitare, d’un ukulélé et d’un harmonica. Les harmonies sont belles, l’ensemble est frais, et les jeunes femmes ne manquent ni d’humour, ni de sourire, ce qui aura ce jour-là la particularité d’ensoleiller l’intérieur de l’Eglise de l’United Church (dehors le soleil s’en était chargé tout seul), dans laquelle elles se sont produites. Ces deux gaspésiennes devraient très rapidement faire parler d’elles.

 

LisaLeBlanc

Elle est la lauréate du tremplin de Granby 2010. Pour autant, cette année, c’est à Pierre Fortier (dirigeant du festival qui l’a révélée) que Lisa LeBlanc est venue remettre son disque d’or pour 40 000 copies écoulées de son premier album éponyme, porté par l’hymne de toute une génération au Québec « Aujourd’hui ma vie c’est d’la marde ». La jeune acadienne (également « Révélation » de Radio-Canada en mai dernier) s’est produite sous les chapiteaux Desjardins devant une foule en liesse, assumant absolument tout de ses rondeurs, et de ce qui fait d’elle une sorte de Gossip/country, très rock’n’roll !

 

Geneviève Morissette

Geneviève Morissette. Une fois ayant fait l’impasse sur son nom qui – il faut bien le dire, chez nous, sonne peu (quoique Alanis a réussi à imposer le sien), on découvre alors une candidate atypique (elle s’est produite en finale du tremplin de Granby, remporté ce soir-là par Rod le Stod), mais tellement sincère et naturelle, qu’elle a mis toute la salle d’accord. Débarquée d’on ne sait où, du haut de ses ? (la jeune femme est très élancée), c’est tout nu d’vant nous qu’elle s’est mise (un émouvant morceau sur les doutes constants d’un artiste), avant de nous emmener dans un univers déjanté à la Diane Dufresne, tout aussi séduisant et fortement énergique. Le jury ne s’y est pas trompé puisque Geneviève a reçu pas moins de quatre prix : Prix du public, Prix LOJIQ (Stage en France à Astaffort avec Francis Cabrel), Prix Vitrines ROSEQ et Prix Festival du voyageur à Winnipeg.

 

Safia Nolin

On en sait très peu sur Safia Nolin. Et pour sûr, avant de se produire sur le tremplin de Granby, la jeune femme ne chantait que dans sa chambre. C’est sa maman qui l’a inscrite au concours, et bien lui a pris, puisque Safia a terminé sa course en demi-finale, mais surtout a remporté le Prix Socan (l’équivalent de notre Sacem) pour sa chanson « Igloo ». Une voix d’abord, un physique qui la rend singulière, et un texte. « Igloo » relatant le quotidien d’une jeune femme, seule, sans amour. Un texte extrêmement touchant, porté par une imparable mélodie. Retenez bien son nom.

 

Klô Pelgag

Elle s’était déjà produite l’an dernier à Granby, mais sur le tremplin. Cette année, après avoir ramassé cinq prix en 2011, c’est en au sein des Vitrines (Showcase en québécois), que Klô Pelgag a dévoilé son curieux univers, sur un pied, tel un flamand rose. La chanteuse est espiègle, bonne musicienne (manquant cependant de fortes mélodies), dotée d’une belle voix, d’un joli jeu de jambe, et armée de l’épée de Dark Vador. Une guerrière donc.

 

Radio Radio

Radio Radio, découvert – comme Lisa LeBlanc, en vedette sous les chapiteaux Desjardins, est un groupe d’électro/funky/rap canadien qui chante et rappe (non sans humour) en français acadien et en chiac. A l’énergie débordante, la formation a fait jumper le public, grâce notamment à son hit « Jacuzzi », totalisant près d’un million de vues sur YouTube.

Thierry Cadet

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