Igit La légende de Kendji Girac

Igit, dont le nouvel EP « Les voiles » est disponible depuis le printemps dernier, porté par les singles « Courir », « Je suis libre » et « Ma solitude » – et qui se produira le 16 avril 2016 à La Cigale de Paris, est revenu au sein du livre « La légende de Kendji » (aux Editions du Moment), sur le parcours de celui qu’il a connu lors de la saison 3 du télé-crochet. Tous deux membres de la tournée avec six autres talents, Igit revient sur Kendji Girac via sa jolie préface qu’il signe pour le livre de Thierry Cadet. Kendji Girac est passé au tamis de l’émission populaire « The Voice » pour se révéler au plus grand nombre. Et quoi qu’on en dise, le jeune homme fascine, soit parce qu’il brille, soit parce qu’on l’a découvert brillant. Quel que soit l’angle d’approche, personne d’un tant soit peu exposé à la culture populaire qui est la nôtre ne peut réellement rester indifférent devant ce jeune gitan de 18 ans au top des charts depuis plus d’un an. On l’aime ou on le déteste, mais quoi qu’il en soit, le jeune homme fait parler, et apparemment couler de l’encre ailleurs que dans les tabloïds. Ce livre en est la preuve.

photo-kendji-a-desormais-son-autobiographie-la-legende-de-kendji-55784fd1b66e2Il représente, ni plus ni moins, la deuxième meilleure vente d’albums de l’année 2014, juste derrière Stromae. Avec plus de 800 000 CD écoulés sur l’année dernière et un total d’1 200 000 avec les ventes 2015, le succès de Kendji Girac est colossal. Que les choses soient claires, j’apprécie l’homme, je l’admire même, sentiment que je crois être partagé par nombre de personnes l’ayant croisé lors de son ascension fulgurante. Que les choses soient doublement claires, je ne l’ai pas revu après la tournée suivant l’émission, nos routes s’étant séparées. La sienne que l’on connaît – ou que l’on connaîtra mieux après la lecture de cet ouvrage –, et la mienne avec les difficultés et la lenteur inhérentes aux carrières de chanteurs à textes mélancoliques bobos barbus. À tous ceux qui crient au scandale, à la fraude commerciale, je demande toujours de revenir à l’essentiel : le jeune homme est doué, très doué. J’ai eu l’occasion d’en juger à maintes reprises. Il réunit en effet à mes yeux les rares qualités qui font l’essence d’un chanteur populaire. Tout d’abord le talent. Pour l’avoir entendu chanter seul avec sa guitare et sans caméras ni micros un répertoire allant des vielles chansons françaises des années 1920 aux tubes des années 2000, je ne peux que saluer la maîtrise vocale et guitaristique de l’autodidacte qu’il est. Viennent ensuite la passion et une forme d’enthousiasme musical enfantin incroyablement touchant, parfois même déroutant.

Le jeune gitan de 18 ans, coaché par Mika, a chanté en duo avec Johnny Hallyday, rendu hommage à Charles Aznavour sur un album tribute et sa première tour née affiche complet. En 2016, il brûlera les scènes des Zénith ! « La légende de Kendji » raconte dans le détail l’incroyable histoire de ce gamin de Périgueux qui, à lui seul, a remis la musique gipsy au goût du jour. Il retrace grâce à de nombreux témoignages tels que François Welgryn l’auteur de son premier tube « Color gitano », Guillaume Grand dont Kendji Girac a repris la chanson « Toi et moi » , Flavien Compagnon le pianiste répétiteur de l’émission qui l’a révélé, Jessy Douaire son cousin… l’itinéraire de cet enfant pas toujours gâté devenu l’idole des jeunes… et de leurs parents ! Il y a là quelque chose de magique. Une chose qui relève, au-delà du talent,d’une concordance de circonstances, d’un alignement des planètes qui fait qu’à un moment donné, une star est née. Kendji s’est retrouvé, belle gueule et abdos en bandoulière, propulsé à la fois chanteur de charme et ambassadeur d’une communauté sous-représentée dans les médias, le tout à un moment où les gens ont envie de rêver, quitte à se mentir en prenant les boules à facettes pour des soleils de bords de plages espagnoles. On peut juger un contexte, mais il est plus difficile de juger un jeune homme qui a suivi son rêve …/… Kendji est tombé au bon moment, au bon endroit et avec la bonne chanson, sa personnalité solaire a fait le reste. Il ne reste plus qu’à lui souhaiter et plus sincèrement du monde, de savoir évoluer pour prouver à tous les sceptiques que, derrière le packaging, se cache un musicien digne de reconnaissance, et ce même auprès des bobos barbus blasés.

Peter Arnold

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