Joseph Leon nous a quittés le 21 février dernier. Cet artiste franco-libanais de 43 ans, qui s’était distingué en 2009 avec la parution de son premier album « Hard As Love » — unanimement salué par la critique, luttait depuis plusieurs années contre l’alcoolisme, lié entre autres à sa bipolarité. Un vrai jusqu’au-boutiste, un généreux énervé, un passionnant énervant, complexe et violent, il était aussi l’un des plus grands amoureux de la vie. Un sens de l’absolu, transposé dans ses chansons, qui seront toujours là. Sa folk si intimiste, si précieuse, cette mélancolie teintée de beauté, aura traversé bien des difficultés. Ses amis musiciens avec lesquels il a collaboré lui rendront un dernier hommage, le 20 juin prochain à 19h00, à La Boule Noire de Paris, en interprétant ses chansons. Brisa Roché, Yann Destal, Hugh Coltman, Adrienne Pauly, entre autres, ont répondu présents pour ce concert exceptionnel. Les musiciens sont bénévoles, cependant il faut assumer la charge de la location de la salle, le staff technique, la régie mais aussi une captation vidéo pour garder un souvenir impérissable de cet hommage. Le prix des places est resté volontairement faible pour que tout ceux qui aiment Joseph puissent y assister. Une cagnotte Leetchi a donc été créée (voir sur ce lien), le prix d’entrée servant à couvrir les frais de locations de salle, personnel et catering…

Nous sommes d’autant plus touchés, que nous le connaissions bien Joseph chez Horscene ; il nous avait donné la primeur de ce qui restera sans doute, sa dernière interview. C’était en août dernier. Puis, nous avons été privilégiés sur un nouveau titre « Out of Bounds Remix », mis en ligne sur notre chaîne YouTube, à sa demande.

Après avoir découvert la guitare électrique à l’âge de 13 ans, ce sont des mots – ceux de Bob Dylan, qui l’aideront à trouver sa voix. Fasciné par Neil Young et par Nick Drake, Wassim Mroué, de son patronyme, s’oriente, en toute logique, vers… une carrière de droit. Mais la musique prend le dessus, et son album folk, il va l’enregistrer seul. Supervisant le mix, l’artiste trouve sur son chemin Benoit Rault, puis Hugh Coltman, le frère de cœur. Son premier disque est une histoire décrivant la descente, le passage de la naïveté à la déception, la valse des trios impossibles (« One In, One Out ») et les fantômes qu’on peine à tuer (« Oh Man »). Un message collectif qui, de par ses arrangements riches mais sobres, parle à chacun comme une évidence. Suivra, quatre ans plus tard, son successeur : « The Bare Awakening ».

Thierry Cadet

📷: Florence Galinier

josephleon.net