Réalisé par Emmanuel Da Silva, qui lorgne de plus en plus vers la variété et la pop, d’Elsa à Hélène Segara, le premier album de la presque « Nouvelle Star » made in D8, sans cesse repoussé, devrait enfin voir le jour en bacs début 2015. En attendant, un EP 4 titres numérique sera proposé aux fans dès le 3 novembre prochain. Le temps pour son label Polydor de se retourner, d’essayer de séduire les programmateurs radio et de décrocher de l’airplay (le nerf de la guerre), sachant que pour le moment le premier single « La vague », n’a rien d’un tsunami, malgré son efficacité.

Si c’est lui qui ouvre l’opus d’Yseult, c’est « Summer Love » que nous découvrons ensuite parmi les chansons inédites de la jeune chanteuse de 19 ans seulement. Un titre sans véritable saveur. Il faut attendre la troisième plage de l’opus pour découvrir un nouveau single potentiel « Bye bye bye », à l’addictif refrain (bye bye bye, y’a rien à voir tout baigne, je n’ai pas de temps à perdre, je connais la rengaine). Puis, l’up-tempo « Sans raison » rassure l’auditeur, ne pas avoir peur, jamais. Ni du feu, ni des flammes, ni du noir, ni de la nuit, ni des plaies, ni des cris, ni de l’autre. L’acidulé « Californie » très Lionnesque dans l’esprit, jusque dans l’interprétation, enfonce le clou un peu plus encore niveau pop/électro, mais c’est peut être là que le bas blesse justement car au bout du cinquième titre sur la même base rythmique, on demande une respiration ; voire une autre couleur, une autre facette de l’artiste revendiquant ses influences auprès de Metronomy, Empire Of The Sun ou Lilly Wood & The Prick.

Et c’est enfin « Pour l’impossible », le second extrait dévoilé au public début octobre, qui nous l’offre avec son joli refrain, sur un texte un brin trop alambiqué ; c’est probablement aussi l’un des bémols de ce disque (la plupart des lyrics sont signés Da Silva, sans oublier le duo Éléphant ou Dan de The Dø), quant on sait à quel public il prétend s’adresser, soit des adolescentes de 15 à 20 ans. « L’orage » enfonce pour autant le clou, LA ballade radiophonique de l’opus, avec sa bonne idée thématique qu’en est-il de nous ? devenant progressivement qu’en est-il de vous, est-ce toujours la même personne ?

Puis, « Le plus beau des astres » s’offre un joli jeu de mot, précédant « Ailleurs », mais à ce stade de l’album, malgré de fortes mélodies, on est déjà ailleurs justement, ayant l’impression d’écouter toujours la même chanson. Il manque globalement ce petit supplément d’âme, cette conviction dans l’interprétation d’Yseult. La chanteuse ayant du mal à incarner des chansons inédites qui n’ont pas (encore) d’histoires, alors qu’elle y parvenait parfaitement sur des reprises télévisuelles. La question est qui est-elle vraiment ?

C’est sur « Blanche », la dernière plage de l’opus, qu’on a le sentiment de la découvrir enfin. Ouf. Un simple piano/voix commence à la dévoiler – mais, dommage, c’est la fin du disque. Où sont passés les jours d’insouciance et les années fragiles ? Espérons qu’un second album puisse lui permette d’en donner la réponse.

Thierry Cadet

Crédit photo (visuel du disque) : Amory Choay

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