Pierrick Vivares La lumière sombre Horscene 2016

Pierrick Vivares EP PhoenixNous avions l’EP « Ph[o]enix » depuis plusieurs mois, ne nous restait plus qu’à le découvrir sur scène. Après plusieurs rendez-vous manqués, le ton est donné en novembre dernier sur la scène des Trois Baudets, à Paris. Pierrick Vivares, ce jeune auteur, compositeur, interprète lyonnais, étonne d’emblée de sa troublante dualité. Solaire sur scène (et dans la vie), le côté sombre et mature de ses textes clashent avec sa personnalité, du moins celle qu’il veut bien laisser paraître. Un côté obscur (Toi l’ami qui es dans ma tête, je voudrais pas que ça t’embête, si tu devais rentrer chez toi), qui, planqué derrière la pudeur qui le caractérise, n’en devient que plus mystérieux. Le Ph[o]enix n’est-il pas à la fois cet oiseau mythique chinois, et ce démon issu des croyances de la goétie ?

L’univers est faussement léger, porté par des musiciens hors paires, Clément Faure à la guitare électrique et David Marduel à la basse – qui ont aussi arrangé (avec Stéphane Piot et Pierrick Vivares) les pistes de l’EP, dont la musicalité et le groove contrastent avec le timbre de voix vieillot chanson de l’artiste. Mais là encore, c’est ce paradoxe qui devient intéressant. Soulignons aussi, une fois n’est pas coutume, le phrasé délicieusement swinguant de Pierrick, laissant place à la compréhension immédiate de chaque mot de ses textes. On pense à Boogaerts par ci, à Aldebert par là. Parfois, à Eric Guilleton. Et on en redemande !

Trente minutes, c’est trop court, parfaitement trop court (ce soir-là Pierrick Vivares partageait la scène avec Tim! et Clio). On se consolera avec l’EP, dont « Aphone » résonne comme l’un de nos tubes de cette fin d’année. A suivre…

Thierry Cadet

Crédit photos : Sylvain Faisan

pierrickvivares.fr

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