Après un EP en 2008 « Parle à mon cul… ma tête est en balade », mais surtout un premier album « Façon de panser », il y a trois ans, qui peut se targuer d’une qualification au Mans Cité Chanson, à la médaille d’or de la chanson ou en demi-finale du Prix Georges Moustaki, Pierrot panse donc de nouveau ses plaies, leur apportant cette fois-ci une vraie touche d’optimisme, gage d’une certaine plénitude acquise. Si « Façon de panser » pouvait se révéler trop linéaire dans la forme, ce nouvel album (aux visuels toujours aussi bien pensés) offre grâce à ses arrangement chiadés, ce petit plus qui manquait à son prédécesseur. « On cherche », déjà présent sur l’opus précédent, en ressort transformé. « La chamade » (accrédité de l’aide à l’autoproduction de la Sacem) lèche enfin ses mélodies et ses harmonies vocales. Les différentes ambiances vont bon train, apportant ainsi aux 12 titres présents, une lecture très confortable. C’est « Fatigue palpable » qui introduit la galette tout en douceur, s’ouvrant petit à petit sur une ambiance rock assumée, et des chœurs aériens (Sofía Miguélez en tête). L’efficace « On cherche » lui emboite le pas, suivi d’un « Désert » presque worldien. Enfin on voyage. L’accordéon, propre à l’univers du groupe, s’installe ensuite délicatement sur « Le coton » (en clin d’œil évident au visuel de « Façon de panser ») au Teddy Bear à l’entêtant gimmick. Puis Pierrot chante l’amour, l’organique « Au fond de toi » fait place à la vraie douceur ; avant que « Chaque seconde » ne reparte de plus belle dans l’énergie. Ainsi, s’enchainent morceaux up-tempo (« Avant le sens ») et sensibles ballades (« Envie »), n’omettant pas l’humour dont fait notamment preuve l’artiste sur scène (« La mélasse », « Intime et étrangère »). Mention spéciale au magnifique « Ça commence quand ? » – ou les doutes et les interrogations d’un nouveau-né, quelques secondes seulement après son premier cri (une narration pas encore resucée). Ce disque délicatement refermé par « Bien longtemps » (mis en images par Rémi Pinaud ci-dessous) – sensible, fragile, vulnérable, n’est que corrélation avec son créateur, on ne peut plus sincère. A (re)découvrir.

Thierry Cadet

Crédit photos : Lucie Sassiat

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