C’est sautillant, au taquet plus que jamais, que le très classe Ycare (costume noir et chemise blanche) entre en scène devant une salle prête à lui faire un triomphe. C’est un retour à la Capitale pour celui qui avait déjà proposé les chansons de son second album « Lumière noire », à La Java et au Café de la Danse. La Cigale est pour le chanteur, un rêve qui se concrétise C’est une salle que je trouve magnifique. On revient à Paris avec une nouvelle couleur. Le disque reste figé dans du plastique, mais le live évolue, en permanence nous déclarait-il il y a quelque mois. « Schizophrène » ouvre le bal (comme sur l’album), une chanson écrite par l’ami Mickaël Furnon. Ycare, entouré de quatre musiciens, poursuit guitare en bandoulière avec son premier single, « Alison ». En revanche aucune trace de « J’y crois encore » son successeur, paru en 2009.

Les morceaux se succèdent (en tout, trois du premier album et huit du second), et la première invitée le rejoint dans la lumière. Il s’agit de Zula, la duettiste de l’excellent « Vite fait », plus sexy que jamais. Y’a du monde au balcon ce soir, la salle lui fait une ovation. Ycare entame ensuite une série de titres sombres s’il y a des chansons tristes, c’est pour vous faire rendre compte à quel point votre vie est sympathique proclame-t-il, allant de « Confession » à « Sainte-Anne », et incluant le touchant « Les imbéciles heureux » (dédié à Christel), l’inédit amer et ironique « Mes amis », ainsi que la présentation des deux invités suivants, le tout jeune Tibz dans un premier temps (sur « J’me fous d’Hélène »). A 18 ans seulement, ce dernier (à l’harmonica) s’annonce fort prometteur, avec une voix d’outre-tombe étonnamment mûre pour son âge, rappelant celle d’un CharlElie Couture. Suivra Florent Mothe (révélé par « Mozart ») qui dévoile l’un des titres qui composeront son premier album, le puissant « Arrête » (travaillé avec Ycare) ; et que les deux créateurs interprèteront ce soir en duo. Puis, c’est doté d’une paire de lunettes noires, ambiance disco, que l’artiste se déhanche plus que jamais sur « Canard rose », à l’évident double sens (comprend qui peut, ou comprend qui veut) ; quelques jeunes femmes au premier rang n’omettent pas d’un agiter quelques-uns en plastique.

La chaleur est à son comble à La Cigale, l’ambiance montera crescendo : l’inédit sur le peintre « Botero » (à l’excellent gimmick c’est kif kif Botero) en duo avec Joyce Jonathan (un titre que l’on devrait retrouver sur le deuxième opus de la chanteuse), le single « S.E.EX » (composé par Christine Roy et Christophe Emion), la cover « Siffler sur la colline » aux côtés de Julien Dassin, et le très yéyé « A l’heure des filles ». « L’étrangère (j’veux qu’on baise) » et enfin le magnifique « Une vie » (dernier single en date) seront défendus avant un premier rappel. L’explosion émotionnelle est à son paroxysme, Ycare en larmes, pour la première fois.

Viendront enfin, sous les ovations du public l’excellente « Pourvu que tu viennes » aux multiples jeux de mots sur différentes villes du monde, une chanson validée en chœurs par ses fans afin de figurer sur la prochaine galette, suivie par l’estivale airplaytisée et entêtante « Lap dance », « Alison » cette fois ré-écrite par ses admirateurs admiratrices, et enfin l’entrainant « Schizophrène », une seconde fois, qui prend une tout autre dimension à la fin du show non, n’imaginez pas que j’accepte vos adieux. Le public, lui, semble pleinement d’accord.

Bref (comme dirait l’autre). Il y avait du Brel chez Ycare. Un artiste qui a volé très près du soleil, sans s’y brûler, projetant une lumière, toute sauf noire, sur La Cigale de Paris. Un fou chantant qui mérite enfin d’être reconnu à sa juste valeur. Car si l’excès d’énergie et d’enthousiasme dont il fait preuve peut paraitre excessif à certains, il nous a prouvé qu’à 28 ans seulement, et malgré quelques maladresses (qu’on lui pardonne aisément tant la sincérité et l’humanisme l’emportent), la nouvelle star ce soir-là, c’était bien lui.

Ycare poursuit actuellement sa tournée en France. Il se produira notamment le 24 mars à Savigny-le-Temple, le 30 mars à Nantes, le 31 mars à Vauréal, le 6 avril à Saint-Cyr-sur-Loire, le 13 avril à Manosque, le 11 mai au festival Rolling Saône de Gray, le 2 juin à Lomme-lez-Lille, le 22 juillet aux Francofolies de Spa (Belgique), le 1er septembre au festival Scènes sur Sambre de Thuin (Belgique) ou le 27 octobre prochain à Meaux (découvrez toutes les dates sur ce lien).

 Thierry Cadet

ycareofficiel.com

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